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Photographies d'août 1944

Aquarelle représentant Valmanya en flammes


brull1.jpg (118222 octets)

panchot.jpg (82634 octets)

Le village incendié

Au premier plan on voit le lit du torrent après les inondations d'octobre 1940

 

La décente à dos de mulet du cercueil contenant la dépouille de

Julien PANCHOT.

En médaillon le capitaine

Julien PANCHOT Chef du Maquis Henri Barbusse

Blessé aux jambes il à été torturé et achevé par les nazies à La Pinosa.

Jean CLAUDE  garde foréstier et Marc MARFIN devant les maisons en ruines en août 1944

Valmanya incendié 1944 vue depuis l'oratoire de St Père

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Valmanya dans la Résistance

Le Réseau Sainte Jeanne Abdon Robert CASSO, René HORTE

 

RÉCIT DES ÉVÉNEMENT DES 1er 2 et 3 AOÛT 1944

 

   Arrivés à la mi juillet au Mas BARJAU des maquisards FTP, s'installent quelques jours plus tard dans les bâtiments su site minier de la Pinosa ou ils sont rejoints par un important contingent de guérilleros Espagnols.

    Après l'échec d'une opération visant la trésorerie de Perpignan ou 5 maquisards furent capturés et fusillés à Montpellier. Leur but était de mener une action commando à Prades pour se procurer des fonds ( les maquis FTP d'obédience communiste ne recevais pas d'aide des américains). L'argent était indispensable pour assurer l'intendance et poursuivre la lutte.

Bien renseignes, décidés à réussir le maquis réalise une attaque ciblée à Prades le 29 juillet 1944 mettant la main sur des sommes importantes Au cours de cette attaque, un soldant allemand, un gendarme, un civil seront ramenés à La Pinosa ou il seront exécutés après un procès sommaire.

C'en était trop pour les allemands, qui décident de liquider ce maquis et de mener une opération de représailles contre Valmanya.

    Le 30 juillet 1944 des forces allemandes composées d'automitrailleuses et de chars légers arrivent à Prades.

    Le 31 juillet le maquis est averti de cette arrivée ainsi que de la présence de troupes allemandes à La Bastide (8 km de Valmanya), Un dispositif de sécurité est mis en place pendant que les responsables militaires se concertent avec les guérilleros espagnols.

    Le plan de défense proposé par ces derniers est adopté :

    Les forces se répartissent sur le terrain aux points stratégiques. Un groupe de douze guérilleros  (groupe GALIANO) avec fusils mitrailleurs et grenades prend position à 1.500 m avant le village, sur une hauteur dominant la route. A 800 m de là, 8 F.T.P.F  (Groupe TITO) s'installent dans les ruines d'une vieille maison.

    Sur la crête de Batère, 80 hommes prennent position sur une ligne de 2 km, armés de fusils mitrailleurs, de « bombes à mains » (boîtes métalliques bourrées de dynamite et de ferraille), 30 hommes prennent position au col de Palomère. Soit au total 150 guérilleros espagnols et 35 F.T.P.F.

    Le 1er août  vers 16 heures, un convoi  de camions allemands monte par la route de Baillestavy.

    Postés en surplomb de la route les maquisards du groupe (GALIANO) ouvrent le feu ce qui à pour objet de bloquer la progression de la colonne à 1 km de Valmanya Les allemands et les miliciens ripostent, les maquisards sont contraints de décrocher. Curieusement la colonne ne reprends pas sa progression ! qu'attendent-ils pendant plus d'une heure alors que la voie semble libre ?

Les raisons de cet atermoiement restent un mystère. Les hypothèses avancées sont un sujet de polémique et plus de 60ans après, la fragilité des témoignages des rares survivants ne permet pas d'établir  avec certitude le déroulement des faits. Il serait injuste de jeter l'opprobre sur tel ou tel, alors que des collaborateurs Français  acteurs avec les allemands de ces journées tragiques  et qui furent condamnés à la Libération sont aujourd'hui protégés par la Loi d'amnistie qui interdit de les citer.

 Ceci dit, heureusement le responsable de ce petit groupe de maquisards ne relâchera pas sa vigilance et le maquis restera en position juste à l'entrée du village, tout à coup  ils verront surgir les allemands et les miliciens, chaussés d'espadrilles, les botes pendues autour du cou pour progresser silencieusement, monter vers le village. Les 6 maquisard, du groupe TITO postés dans des ruines qui surplombent directement la route lancent des grenades, l'ennemi se disperse sur la rive de la Lentilla puis riposte c'est échange de tirs la confusion qui s'en suit parmi la troupe    permet au 150 habitants de fuir en direction du Sola par un sentier qui conduit vers Baillestavy et Estoher. Ils ne sont pas poursuivis par les allemands et les miliciens français qui tireront quand même quelques rafales.

Ceux qui n’ont pas fuit, car trop âgés ou inconscients du danger : Emitièro BARRENA, Pierre BAUX, José GIMENO Jacques ROMEUX seront  exécutés sommairement sur la route à l entrée du village lors du replis. Une malheureuse qui s’était barricadée chez elle avec ses enfants dans une ferme excentrée sera violée par les soldats en présence de ses bambins tenus en joue par des soldats.

Valmanya est pillé et incendié il brûle dés le soir de ce mardi premier aout.

les 2 et 3 aout le Maquis est attaqué à La Pinosa, débordé par des ennemis nombreux  venus du chalet des Cortalets, de Valmanya, d'Amélie les Bains et bien équipé le maquis se disperse. Julien PANCHOT le Chef du Maquis est blessé, capturé par les nazis il est torturé (yeux arrachés phalanges coupées) et achevé assis contre un mur à La Pinosa. François CABOSSELL un jeune maquisard originaire de Prades est porté disparu.

Une partie des allemands et des miliciens français, repart le 3 aout vers Vinça. Deux kilomètres après Baillestavy ils seront attaqués a la grenade par un groupe commandé par René HORTE l'instituteur de Valmanya.

Les biens pillés à Valmanya seront en partie vendus par les miliciens sur la place publique de Vinça.

    Symbole de la résistance catalane, les combats de Valmanya et le martyr du village ajoutent une page glorieuse à l'histoire de la lutte contre le nazisme et pour la « liberté »

    Rien ne peut mieux évoquer ces journées des 1 et 2 août que cette phrase tirée de la citation à l'ordre du corps d'armée attribuant à Valmanya la croix de guerre avec étoile de vermeil. « Durement meurtri dans sa chair et dans ses pierres, le village de Valmanya restera un exemple admirable et douloureux de l'inébranlable fidélité à une patrie dont il a bien mérité ».

Jean-Marc MONSERRAT, Maire

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AVERTISSEMENT

Le texte qui suit, est le compte rendu rédigé par René HORTE, Président du Comité Local de Libération (faisant fonction de Maire) quelques mois après l'incendie de VALMANYA.

Il doit être replacé dans son contexte, il s'agit d'un document historique

   René HORTE , instituteur de VALMANYA. Dès 1941, agent de réseau d'évasion SABOT, il avait fait de son école un relais pour une filière d'évasion. Il y fut surpris, le 28 mai 1943, par la Gestapo, alors qu'il allait partir avec un petit groupe de patriotes. Tous purent fuir, mais Madame HORTE, restée dans la maison, fut arrêtée, et déportée en Allemagne. Elle était à RAVENSBRUCK au moment où son mari rédigeait ce rapport.

 


RAPPORT SUR LA DESTRUCTION DE VALMANYA

demandée par le Comité Départemental de Libération

Les 1, 2 et 3 août 1944, les boches et la milice attaquaient et anéantissaient le vieux village de VALMANYA, semant autour d'eux la mort et la ruine. Le Maquis du Canigou pressé de tous côtés et débordé par les nombreux assaillants ne peut empêcher l'avance des incendiaires ni leur interdire l'accès du village.

Dès lors, se déroulèrent des scènes qui caractérisent la fureur teutonne et la haine des vichyssois : incendie du village par grenades incendiaires, pillage des habitations, abattage en masse des animaux domestiques, tuerie sur place des bestiaux en pacage, destruction des mobiliers à coups de crosse et de marteau, rupture des machines à l'aide de grenades ou du marteau ( scierie et batteuse ). La population civile ne trouve pas grâce devant ces bandits ; elle est pourchassée, tirée à la course comme de vulgaires lapins.

Mais si les dégâts mobiliers et immobiliers sont très importants les attentats contre les habitants ne le sont pas moins. Sur notre territoire, quatre atrocités bestiales ont été commises, et d'aucuns disent que, parmi les tortionnaires, se cachaient des miliciens revêtus de l'uniforme allemand.

1 - quatre hommes pris dans le village sont emmenés sur la route où ils subissent les tortures (coups, ongles et cheveux arrachés) et sont enfin fusillés à l'aide de mitraillettes. Il s'agit de deux vieillards de VALMANYA (80 et 71 ans) dont l'un était infirme, et de deux Espagnols parfaitement en règle envers les autorités de Vichy et les autorités allemandes. Les corps ont été abandonnés sur le bord de la chaussée où ils sont demeurés exposés au grand soleil pendant huit jours, avant qu'un groupe de Résistants puisse procéder à des funérailles sommaires. Ceux-ci ont constaté que les corps avaient subi des mutilations et que la position des membres semblait marquer une souffrance insupportable.

2 - une vieille femme surprise dans un champ a subi des sévices de la part des boches. Immobile et faisant la morte pendant plus de 12 heures, elle a été entourée d'un cercle de mitraille et frappée durement par les nazis.

3 - une jeune femme enceinte de trois mois a dû subir des violences de la part de 14 sauvages qui n'ont épargné sa demeure qu'après avoir assouvi leur désirs lubriques.

4 - le sous-chef du maquis, PANCHOT Julien, blessé à la jambe lors de l'attaque du Q.G. de LA PINOUSE , à été laissé sans soins toute une journée, avant de subir la torture ( ongles, cheveux et yeux arrachés ) qui a précédé l'exécution. Le pauvre maquisard ne pouvant se tenir debout à été fusillé assis.

 

Les atrocités commises auraient été plus importantes si la Résistance du canton n'avait eu le temps matériel d'avertir le Maquis qui avait rassemblé ses effectifs vers LA BASTIDE et BATERE, par où s'avançaient des groupes ennemis. De ce fait et grâce à la défense de l'entrée du village, la population avait pu s'enfuir in-extremis, la moitié au moins n'ayant pu rentrer une dernière fois chez eux.

Valmanya, le 9 novembre 1944

Le Président du Comité Local de Libération, Maire de VALMANYA

signé : René HORTE

Source : Archives communales de VALMANYA

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IN MEMORIAM

à la mémoire des victimes

COMBATTANTS DU MAQUIS Henri BARBUSSE

Capitaine Julien PANCHOT,  Fusillé à LA PINOSA

François CABAUSELL,          Disparu

VICTIMES CIVILES

Emitièro BARRENA,        Fusillé

Pierre-Jean BEAUX,        Fusillé

José GIMENO,                Fusillé

Jacques ROMEUX,          Fusillé

Carmen BARTOLI,          Déportée

Abdon-Sennen CASSO,  Déporté

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Poème de Monsieur Alain TAURINYA

A tous les Résistants de maquis du Canigou, en souvenir de leur courage et de leurs sacrifices.

CHEMIN DE LA LIBERTÉ

Randonneur qui suivez maintenant ces sentiers,
Heureux et confiants, savez-vous que naguère,
Pendant les temps maudits de la dernière guerre,
Tant d'obscurs partisans y furent pourchassés.

Qu'ils devraient à nos yeux être des lieux sacrés?...
La montagne accueillait alors comme une mère
Les maquisards traqués, dernier sel de la terre,
Et les passeurs guidant vers les cols enneigés.

Les résistants qui refusaient de se soumettre,
Et qui voulaient combattre à nouveau l'oppresseur
Pour que notre patrie enfin puisse renaître...

Dans l'ombre ils ont sauvé résolument l'honneur,
Et le droit, pour la France et nous tous, de survivre,
Et pour le montagnard celui de marcher libre...

Alain TAURINYA. Valmanya,

le 25 avril 1982 (Journée de la Déportation)

Chemin de La Pinouse, où fut tué le Capitaine Julien Panchot, le 3 août 1944, jour de l'incendie de VALMANYA.

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